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N° PA00093166 - Château

Mis à jour le 16-05-2023
Ecole
Adresse :
Esplanade Louis II de Bourbon
 
03100 Montluçon
Coordonnées GPS :
Fiche officielle
Source :
Recensement immeubles MH
Propriétaire :
propriété de la commune
Date :
1926/05/15 : inscrit MH
Contact :
mediatheque.patrimoine@culture.gouv.fr

Détails :

Château : inscription par arrêté du 15 mai 1926

Historique :

Résidence des ducs de Bourbon à Montluçon et siège politique, administratif et judiciaire d’une des dix-sept châtellenies du Bourbonnais, établie sur un promontoire rocheux de surveillance, occupé militairement dès l’époque carolingienne. Reconstruit à l’instigation du duc Louis II de Bourbon (1356-1410) à partir de la fin du 14e siècle, puis de ses successeurs. Vraisemblablement interrompue ou du moins ralentie pendant la captivité du duc Jean Ier de Bourbon en Angleterre (1415-1433) et par les derniers épisodes de la guerre de Cent Ans (1434-1448), la construction reprit activement autour de 1450-1456 à l’initiative du duc Charles Ier de Bourbon (1434-1456), se poursuivit sous Jean II (1456-1488) et Pierre II (1488-1503) et fut parachevée dans la première décennie du 16e siècle. Par permission du duc, la tour de l’horloge, beffroi de la ville, fut érigée au milieu du 15e siècle au droit du corps de logis du château et de la maison du concierge ducal. Laissé à l’abandon après la défection du connétable de Bourbon (1523), le château était en mauvais état dès 1566. À partir de 1661, le prince de Bourbon-Condé devient seigneur apanagiste du Bourbonnais. Son conseil prend la décision de céder gracieusement le château à la ville de Montluçon en 1749, pour y aménager une promenade publique sur l’esplanade. La salle Bernard au nord, la galerie basse des lices et les celliers et greniers, qui tombaient en ruines à l’est de l’esplanade, ont été détruits peu après. L’hôtel de ville, le tribunal et la justice de paix furent établis dans le corps de logis du château dans la première moitié du 19e siècle, avant sa transformation en caserne d’infanterie de 1858 à 1913. La maison du concierge, en retour au nord du corps de logis, a été abattue lors d’un agrandissement des casernes autour de 1880. La restauration du château a été menée à bien de 1930 à 1933, avec la restitution de la charpente et de la couverture du grand logis concomitante à celle de la galerie extérieure donnant sur l’esplanade à l’est. La chapelle Saint-Bonnet, attestée dès le 13e siècle, et la chapelle ducale du 15e siècle, qui s’élevait sur deux niveaux dans l’angle sud-est de la galerie, n’ont en revanche pas été restituées. Érigé à l’extrémité ouest d’un vaste plateau de monzogranite, et protégé par une courtine à créneaux factices, jalonnée de neuf tours cylindriques très saillantes, le château se compose d’un corps de logis à trois niveaux, de 48 mètres de longueur sur 10 de large. Il est cantonné à son extrémité sud par une tour maîtresse de plan carré, de 8 mètres de large, formant une forte saillie de 4 mètres à l’ouest, sur une base en glacis taluté. Sa plateforme est couronnée d’un crénelage ornemental, dépourvu de mâchicoulis. Ce donjon, desservi par un escalier en vis jusqu’à la plateforme, est composé de six salles, deux par niveau, dont les principales sont dotées de cheminées monumentales. Vers le milieu de la façade ouest est ménagée une tourelle de plan irrégulier, hébergeant une petite pièce aux niveaux supérieurs (dont une salle de guet), et à l’extrémité nord le corps rectangulaire des latrines, bâti en briques appareillées, qui desservait à la fois le grand logis et la maison du concierge. La grande salle du second étage est voûtée et décorée de clefs de voûte et d’ogives retombant sur des culs de lampe ornés de feuilles de choux frisées. La grande salle du second étage du logis, dotée d’une cheminée monumentale dans sa partie sud, est surmontée d’une charpente apparente en forme de carène de navire renversée. Une lucarne de pierre restituée, de style gothique flamboyant, éclaire les salles ménagées au second étage, à l’ouest. Au droit de la salle nord du logis s’élève à l’orient une tour carrée, de 4 mètres de côté, et de 25 mètres de hauteur, à la corniche sculptée de branches et feuillages, hébergeant un escalier en vis et une horloge sous une toiture en pavillon. Sur la face orientale de cette tour, au niveau du comble du logis, sont sculptés deux piédroits moulurés de cavets, supportés par des culs de lampe décorés de feuillages, terminés par des pinacles fleuronnés, entre lesquels un arc en tiers-point décoré de crochets encadrait jadis le cadran de l’horloge. Au 1er étage, la galerie de bois extérieure à garde-corps en croix de Saint-André et hourdis de tuileau, qui court à l’est depuis l’angle sud de la tour de l’horloge jusqu’à la façade orientale de la tour maîtresse, a été restituée à l’identique en 1931, sur les bases octogonales d’origine de ses colonnes, d’après un dessin très figuratif réalisé en 1749. [P. Pradel, Le château de Montluçon, Moulins, 1926]